Projet scientifique
Axe 3 : Héritages et innovations dans la construction des territoires (2016-2018)

Penser les mobilités internationales à l’aune des lieux qu’elles produisent
Pistes de réflexion à partir du tourisme religieux (Israël, Etats-Unis, Europe)

Date de parution : 2017
Éditeur : Revue Européenne des Migrations Internationales
Volume : 33
Numéro : 4
Pages : 179-196
Type de publication : Articles dans des revues scientifiques à comité de lecture

Introduction : Quand les mobilités reposent la question du lieu

Cet article revient sur les pistes théoriques et méthodologiques qui se dégagent d’une recherche en cours sur ce qu’il est proposé d’appeler des « lieux de mobilité » (Barrère et Rozenholc, 2018) religieuse internationale. Cette recherche porte sur les effets socio-spatiaux conjoints des pèlerinages et du tourisme religieux dans les lieux vers lesquels ces mobilités convergent.

En considérant ensemble pèlerinages et tourisme religieux comme deux modalités d’une même « entreprise spatiale religieuse », cette recherche s’inscrit à la suite d’auteurs comme Chiffoleau (2003), Park (2004) ou Ron (2009) qui rapprochent ces deux types de mobilité. Elle s’inscrit également dans un champ qui se situe au croisement de la géographie des mobilités et des sciences sociales du religieux. Ce champ, en cours de structuration en France, a été nourri ces dernières années aussi bien par des travaux sur les migrations (Bava, 2005 ; Bava et Capone, 2010), le pèlerinage (Bennafla, 2005 ; Chiffoleau, 2003 et Chiffoleau et Madoeuf, 2005) ou sur les dimensions spatiale (Dejean et Endelstein, 2013 ; Trouillet 2013 et 2015), politique (Aubin- Boltanski, 2003 et Adelkhah, 2007) ou transnationale du religieux (Argyriadis et al., 2014 et Capone, 2010). La présente recherche s’en distingue cependant en ne prenant en compte que les mobilités religieuses internationales – l’idée étant de comprendre le rôle des acteurs internationaux dans la production des lieux et de pouvoir, à terme, étendre la réflexion aux effets locaux des mobilités internationales en général –, lues à l’aune des lieux qu’elles « produisent » et non d’une population ou d’une catégorie d’acteurs donnée. Production étant entendue ici au sens de Lefebvre (2000) de la combinaison de pratiques, de conceptions et de perceptions, le terme peut désigner tant la fabrique, la destruction que la trans- formation des lieux dans le temps ; des lieux étudiés de manière dynamique et inclusive et moins à partir de la durée et de l’ancrage.

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